Magazine Le Mensuel

Nº 2869 du vendredi 2 novembre 2012

Le Saviez-Vous

Le Casino du Liban. Des années d’or inoubliables

Le 17 décembre 1959, le Casino du Liban est officiellement inauguré. C’est pour une soirée de gala que les portes du Casino se sont ouvertes pour la première fois à un public enthousiaste.

Le Casino du Liban, situé à Maameltein à 22 km au nord de Beyrouth, surplombe la baie de Jounié. Avec une aire de jeu de 35000 m², il compte 60 tables de jeu et 318 machines à sous. Un show-room, une boîte de nuit, un théâtre, un banquet et cinq restaurants à la cuisine variée complètent ce haut lieu de loisirs.
Trois salles: Internationale, Méditerranéenne et Cercle d’or, offrent une large variété de jeux de hasard, allant de l’American roulette au black- jack, du punto banco au casino stud poker, avec différentes mises pour répondre aux souhaits des joueurs.
Deux salles de spectacle, la Salle des ambassadeurs et le théâtre, disposent de larges scènes et sont dotées des technologies audiovisuelles de pointe.
Le projet est né sous le mandat du président Camille Chamoun qui avait demandé à Me Victor Moussa d’en préparer toute la législation. Dès son inauguration, le Casino acquiert une très grande réputation. Le théâtre ne désemplissait pas, orchestres symphoniques, vedettes des mondes, tant arabe qu’occidental, s’y succédaient. Le Liban occupait alors une place de choix sur l’échiquier touristique mondial. Moussa dirigea le Casino du Liban durant sept années consécutives.
Dans l’opinion internationale, le Casino n’était pas un simple tripot de jeux, mais un véritable complexe touristique. Dans la Salle des ambassadeurs qui pouvait recevoir 900 personnes se produisaient les plus beaux spectacles du monde.
Mais son plus grand succès fut sans doute d’y organiser l’élection de Miss Europe, en juin 1960. 17 reines de beauté de 17 pays y participaient. Ce fut l’occasion pour les Miss et leurs accompagnateurs de découvrir le Liban. C’était la période glorieuse du Casino. En 1963, 30 reines de beauté défilèrent sur sa tribune. La renommée de ce site n’était plus à faire. C’était devenu le symbole de l’importance touristique du Liban.
En 1962, la troupe d’Helen Hayes qui se produisait à Broadway a donné cinq pièces de théâtre au Casino. Elsa Maxwell, échotière du New York Times a fait un magnifique compte rendu de cet événement libanais. L’espace de la scène, l’acoustique parfaite de cet incroyable «Baalbeck moderne» étaient soulignés en termes très élogieux. Fin 1962, le président américain John Kennedy délégua au Liban le vice-président Lyndon Johnson accompagné de son épouse et de sa fille où ils assistèrent à un spectacle donné au Casino, dont la renommée était devenue mondiale. Une avalanche d’étrangers déferla alors au Liban, désormais inscrit sur les itinéraires des croisières. Des hommes d’affaires asiatiques, européens, américains, faisaient un crochet par Beyrouth juste pour les plaisirs que leur offrait ce petit pays. Des affaires internationales se négociaient au Casino.
En 1989, le Casino du fait de l’extension de la guerre a dû mettre la clef sous la porte qui ne s’est rouverte qu’en 1996 après des travaux de reconstruction et de rénovation qui ont coûté quelque 50 millions de dollars. Le 3 décembre 1996, en présence du président de la République Elias Hraoui, a eu lieu l’inauguration officielle. Le 4 décembre, les portes sont ouvertes devant le public. Un théâtre de 1200 sièges, une salle d’exposition de 750 sièges et deux autres restaurants et bars seraient inaugurés en phase II.
Des règles strictes étaient alors imposées aux clients. Tout Libanais devait déclarer à l’entrée son revenu annuel pour pouvoir accéder à la salle des jeux. Une loi du 24 août 1954 défendait aux fonctionnaires de l’Etat de jouer.
Le Casino du Liban est plus qu’un site touristique. Il a pendant longtemps été le symbole du développement du Liban.

A.K.
 


Vocation socioculturelle
Outre la mission touristique, le Casino avait une vocation socioculturelle. Des tarifs spéciaux étaient appliqués au théâtre et dans la salle des spectacles. Les étudiants brillants recevaient des invitations qui leur étaient distribuées dans leurs écoles respectives.

 

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