Magazine Le Mensuel

Nº 2887 du vendredi 8 mars 2013

Presse étrangère

Le pays s’enfonce dans ses crises

Cette semaine, le traitement par la presse étrangère de l’actualité libanaise ne souffre d’aucune surprise. Les conséquences du conflit en Syrie continuent de monopoliser l’attention des observateurs.

The Washington Post
The Washington Post s’inquiète de la montée des tensions entre le Hezbollah chiite et l’opposition syrienne sunnite.
Les observateurs estiment qu’un seul faux pas, qu’il vienne d’un camp ou de l’autre, suffirait à envenimer la situation. «Ils sont impliqués dans une guerre en Syrie, mais ils essayent de ne pas l’importer au Liban. Le problème est que cette situation peut rapidement devenir incontrôlable», explique Timur Goksel, ancien chargé de mission au Liban au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban-Sud (Finul). «Une véritable explosion de violence pourrait intervenir et c’est ce qui fait peur».
Les derniers affrontements entre le Hezbollah et l’opposition syrienne armée se sont déroulés dans une zone qui compte une vingtaine de villages et 30000 habitants majoritairement chiites aux liens historiques avec le Liban.
De nombreux combattants libanais, souvent membres du Hezbollah, ont franchi la frontière pour rejoindre la bataille. «C’est une terre libanaise, là-bas. Ils soutiennent tous le Hezbollah», explique Issam Bleibel, l’adjoint au maire de Hermel et membre du parti. «Il est naturel pour les gens d’ici d’aller défendre les leurs, là-bas».
Dans les deux camps, il s’agit d’une lutte existentielle pour leurs communautés. Les combattants de l’opposition syrienne disent que le Hezbollah tente d’expulser les sunnites de la zone afin de créer une enclave reliant les villages chiites au cœur alaouite traditionnel dans l’ouest syrien, accusation démentie par Hassan Nasrallah, le secrétaire général du parti. Et les chiites syriens, eux, disent se sentir menacés par les radicaux sunnites de l’opposition syrienne.

The Christian Science Monitor
The Christian Science Monitor raconte que «l’Armée libanaise pourrait installer des miradors le long de la frontière nord entre le Liban et la Syrie».
Ces tours d’observation de dix mètres de haut sont destinées à renforcer le contrôle de cette frontière extrêmement volatile, et à réaffirmer la primauté et la souveraineté de l’Etat dans cette zone happée par la guerre qui déchire la Syrie.
Ces miradors ont été fournis par le gouvernement britannique, en réponse à une demande formulée par l’Armée libanaise. Ces Sangars ont été utilisés en Irlande du Nord et plus récemment en Irak et en Afghanistan. «C’est à travers son armée qu’il faut juger la capacité du Liban à se protéger de la tempête régionale», explique l’ambassadeur britannique à Beyrouth, Tom Fletcher. «La communauté internationale a pris conscience qu’une diplomatie préventive efficace devra passer par un soutien plus approfondi à l’Armée libanaise, en termes d’entraînement et d’équipement. La construction de miradors à la frontière est un signe de la gravité de la menace que représente une contagion de la crise syrienne et de notre intention réelle de dégager le Liban du bourbier».
Mais ces miradors pourraient attiser les suspicions de l’armée syrienne régulière et des combattants rebelles de l’ASL qui vont et viennent dans cette zone.
Chaque tour sera composée de six containers maritimes empilés entourés de barrières anti-explosion Hesco. La salle d’observation au sommet sera protégée par des vitres pare-balles et une clôture antimissile. La surveillance sera assurée par des caméras infrarouges d’une portée de vingt kilomètres, télécommandées à partir d’un centre de commandement.

Al-Monitor
Pour le site al-Monitor, le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, constitue le dernier épisode en date de «la guerre psychologique entre le Hezbollah et ses adversaires».
Le dernier discours de Hassan Nasrallah était la première étape d’un plan «psychologico-sécuritaire» destiné à réfuter les rumeurs sur son état de santé et à montrer qu’il était encore aux manettes.
Cette fois-ci, il n’a pas menacé Israël comme il a l’habitude de le faire, malgré le fait que l’activité dans le ciel libanais de l’aviation israélienne n’a jamais été aussi intense, aviation qui a conduit ces derniers jours plusieurs raids fictifs à basse altitude. Le calme apparent de Nasrallah doit être considéré comme une contre-attaque psychologique lancée contre Israël et les nombreux ennemis du Hezbollah. Le but poursuivi était de montrer que Nasrallah est en parfaite santé physique et mentale.
Ensuite, ce dernier a utilisé son retour médiatique pour faire un point sur les derniers développements politiques du pays, certains datant de quelques heures seulement. Il a notamment fait référence à une déclaration de Nabih Berry faite deux heures seulement avant son apparition télévisée. Le but? Montrer qu’il est aux affaires et qu’il ne se contente pas d’obéir à Téhéran.
Enfin, Nasrallah a donné l’impression qu’il se préparait à élaborer une stratégie visant à éviter une escalade communautaire au Liban, tout en donnant l’impression que si escalade il devait y avoir, il serait prêt à la gérer.

Kicker
Le scandale des matchs truqués qui a lourdement frappé le football libanais a fait le tour des revues sportives, dont le n°1 d’Europe, le magazine allemand Kicker.
La semaine dernière, la Fédération libanaise de football a suspendu à vie deux internationaux, Mahmoud el-Ali et Ramez Dayoub et a condamné 22 autres joueurs à des peines suspensives allant de un à trois ans. Sur les 24 joueurs concernés, 11 sont des habitués de la sélection nationale. La Fédération a expliqué que les joueurs ont touché de l’argent avancé par les sociétés de pari pour perdre des matchs. Elle a demandé au Jordanien Fadi Zreiqat, secrétaire général de la Fédération d’Asie de l’Ouest, de conduire l’enquête. Zreiqat a interrogé 65 personnes, dont 44 joueurs et 18 dirigeants de clubs.
Ce scandale intervient dans un pays qui aime le football mais qui a du mal à traduire sa passion sur le terrain. Il intervient au moment où l’équipe nationale a atteint le dernier tour qualificatif pour la Coupe du monde, pour la première fois de son histoire. Ses résultats récents ont aidé à unifier la nation, alors que le gouvernement libanais interdit encore aux supporters d’assister aux rencontres du championnat national. Pour Théo Bucker, le sélectionneur allemand de l’équipe nationale, dont l’un de ses adjoints libanais a été condamné, «il s’agit d’une période noire pour le football libanais et pour moi-même».

GlobalPost
GlobalPost est un site américain d’informations internationales créé en 2009. Cette semaine, il s’intéresse au «nouveau business du Liban, le kidnapping».
Le jeune chauffeur de taxi libanais était réticent à entrer dans l’entreprise familiale quand il a eu du mal à joindre les deux bouts. Sa famille est l’un des clans chiites les plus importants du pays et son travail, c’est le kidnapping. «Bien sûr, je ne veux pas faire cela», explique Ibrahim qui fait le chauffeur pour ses cousins, deux kidnappeurs professionnels. «Mais on ne fait jamais de mal aux victimes et je dois nourrir ma famille».
Les enlèvements contre rançon sont l’une des rares formes de l’activité économique à s’épanouir ici. Dernière victime en date, un garçon de 12 ans.
En plein jour, des hommes armés ont enlevé l’enfant, le fils d’un éminent homme d’affaires, alors qu’il attendait à la sortie de l’école dans un quartier chic de Beyrouth. Il a été libéré cinq jours plus tard, après que la famille ait payé une rançon de 250000 dollars. Des dizaines d’hommes d’affaires libanais ont été pris pour cibles au cours de la dernière année.
Un nouveau rapport compilé par l’Armée libanaise et les forces de sécurité a identifié au moins 37 ravisseurs actifs, citant des membres de familles criminelles connues des services.

Le Journal de Saône-et-Loire
Le Journal de Saône-et-Loire publie une enquête sur la fortune des chefs religieux libanais.
Quelle que soit leur confession, les hommes de religion jouissent au Liban de pouvoirs religieux, politiques, économiques et sociaux considérables. Nous nous sommes penchés sur les représentants de trois grands groupes, à savoir les maron
ites, les sunnites et les chiites.
Parmi ces trois personnalités, le patriarche maronite est le seul à ne pas être fonctionnaire de l’Etat. Ses revenus proviennent des propriétés et biens en mainmorte du patriarcat, c’est-à-dire des revenus des terres et bâtiments qu’il met en bail, en plus de la dîme du dimanche collectée dans chaque église et dont un dixième lui est reversé. Le chef de l’Eglise maronite bénéficie de nombreux autres revenus, tels que ceux des terres agricoles, mais aussi de dons de la part de personnalités aisées.
Cela étant dit, le budget de l’Etat subventionne les groupes confessionnels chrétiens à hauteur de plus de trois milliards de livres libanaises par an. Cet argent est distribué au prorata du nombre
de fidèles par confession.
Venons-en maintenant au mufti de la République. Il est fonctionnaire de l’Etat et reçoit à ce titre un salaire mensuel de 4,2 millions de livres. Les dépenses du Dar al-Fatwa sont également couvertes par le budget de l’Etat. S’ajoutent des aides estimées à plusieurs millions de dollars versés par l’Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats arabes unis. Par a
illeurs, les responsables des biens en mainmorte sunnites tirent des revenus supplémentaires de la location de certains bâtiments.
Pour ce qui est de Abdel-Amir Qabalan, vice-président du Conseil supérieur islamique chiite, il reçoit lui aussi un salaire mensuel de 4,2 millions de livres. En plus, le Dar al-Ifta al-Jaafari a un budget de deux milliards de livres. Un demi-milliard va aux salaires des juges et 1,5 m
illiard couvrent les frais de fonctionnement. Les appointements du Conseil supérieur chiite s’élèvent à 200 millions de livres, y compris pour le siège, à Hazmiyeh. Julien Abi Ramia

La Libre Belgique
1,2 million d’euros dans les bagages
Le quotidien La Libre Belgique nous apprend que deux Libanais sont interpellés en Belgique.
Deux Libanais ont été interpellés jeudi matin à l’aéroport de Zaventem en possession de 1200000 euros chacun. Les deux hommes étaient en partance pour le Liban et n’ont guère pu expliquer l’origine de ces sommes d’argent. Ils ont été mis à la disposition du parquet. En vertu de la loi contre le blanchiment d’argent, les sommes excédant 10000 euros, doivent être déclarées à la douane.
Les deux hommes ont été interpellés vers 10h00 lors d’un contrôle. Les sommes d’argent étaient dissimulées dans leurs bagages. Les suspects affirment qu’ils ne se connaissaient pas et sont demeurés très vagues quant à la provenance de ces montants.

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