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Nº 2918 du vendredi 11 octobre 2013

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Chihuly au Musée des beaux-arts de Montréal. A couper le souffle

Le MBAM accueille ses visiteurs, jusqu’au 20 octobre, avec une tour arrondie de plus de quatre mètres de diamètre, qui émet des rayons composés de vrilles jaunes, bleues et rouges. Une œuvre monumentale splendide, Le Soleil, extrêmement fragile, puisqu’elle est faite de 1 200 pièces de… verre soufflé. Bienvenue au monde magique, fascinant, féerique et spectaculaire de Chihuly.

Inspiré grandement par la nature, cet artiste américain s’est approprié une tradition vieille de 2 000 ans, le verre soufflé, pour faire passer ce matériau ancestral du monde artisanal à celui des beaux-arts. Les installations monumentales de Chihuly se retrouvent au cœur des villes, des jardins publics ou dans les musées. A Montréal, pour installer les 10 000 pièces des neuf installations exposées, et venues de Tacoma (Etats-Unis), il a fallu six conteneurs de seize mètres de long et dix-neuf jours de travail à une équipe de spécialistes.
C’est surtout la couleur de ces sculptures délicates qui retient le regard. «Je suis obsédé par la couleur. Je n’en ai jamais vu une seule que je n’aimais pas… Quand on travaille avec des matières transparentes, quand on regarde le verre, le plastique, la glace ou l’eau, c’est la lumière qu’on regarde. Elle passe à travers et on voit le bleu cobalt, le rouge rubis ou n’importe quelle autre couleur. On voit la fusion de la lumière et de la couleur. Quelque chose de magique et de mystique, quelque chose que l’on ne comprend pas et qu’il ne faut pas chercher à comprendre. C’est comme si on voulait comprendre la lune», raconte l’artiste qui a perdu un œil en 1976 dans un accident de voiture. «La plupart des gens n’en ont pas conscience, mais il est extrêmement difficile de souffler une pièce comportant toute une gamme de couleurs, car chaque couleur attire et retient différemment la chaleur. Avec le temps, nous avons trouvé des solutions à ces difficultés techniques». En effet, son art semble être irréel pour qui sait comment est travaillé le verre soufflé: «Une masse de verre en fusion devient une bulle puis acquiert sa forme sous l’effet de la chaleur, de la gravité et de la force centrifuge… nous n’avons pas la maîtrise totale du processus. Il faut jusqu’à un certain point laisser le verre créer la forme», reconnaît le virtuose du verre.
L’effet est splendide, magique tant dans l’art de transformer le verre que dans celui de placer juste ce qu’il faut de lumière pour mettre les œuvres en valeur. De quoi éblouir et faire rêver.

Gisèle Kayata Eid, Montréal

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