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Nº 2924 du vendredi 22 novembre 2013

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Drapeau et hymnes libanais à travers l’histoire. Tous les secrets dévoilés par Joseph et Adonis Nehmé

Soucieux de transmettre aux Libanais l’histoire des emblèmes du pays, le général Adonis Nehmé s’est évertué à regrouper anecdotes, faits historiques et archives en tout genre autour des origines du drapeau libanais et de l’hymne national pour en faire un livre, qu’il signera le 23 novembre, à Hazmié, dans les bureaux du groupe Raidy.
 

L’histoire commence en 1970… «Alors que j’étais jeune officier, le général Iskandar Ghanem, commandant en chef de l’Armée libanaise, reçoit une lettre d’une maison d’édition suisse souhaitant réaliser un ouvrage sur l’histoire des drapeaux de tous les pays du monde», explique Adonis Nehmé. Leur demande: en savoir plus sur celle du drapeau libanais. «Il n’y avait alors sur ce thème qu’un décret datant de 1945 précisant les dimensions du drapeau, poursuit-il. Mon père, écrivain, de son nom Joseph Nehmé, avait une très importante bibliothèque de plus de 20 000 ouvrages dont plusieurs milliers de manuscrits. Le général m’a alors demandé de faire une recherche sur les origines du drapeau libanais avec mon père». Les deux hommes ont l’habitude de travailler ensemble, le fils étant le bras droit du père. Plus tard, le général Nehmé prend le temps d’organiser cette grande bibliothèque paternelle, en rangeant ses milliers d’ouvrages par thèmes. Une grande entreprise qui ne sera pas vaine. Piqué au vif, par une polémique autour des origines de l’hymne national libanais, le général entreprend d’accélérer ses recherches pour publier un livre sur l’histoire des deux emblèmes nationaux libanais. «Il y a trois ans, certains ont avancé l’hypothèse que la partition de notre hymne aurait été la copie d’un morceau marocain», dit l’auteur. Des sornettes! «Notre hymne a été écrit et composé en 1926 par deux très grands poètes et musiciens libanais, Rachid Nakhlé et Wadih Sabra. C’est ce que j’ai prouvé dans ce livre».
Un ouvrage richement doté de photographies d’époque et de documents de tout genre, entre plans géographiques, gravures, cartes postales anciennes ou encore partitions de musique. «Pratiquement, tous les clichés du livre font partie de notre collection, reprend-il. Certains sont inédits, comme ces photographies montrant des membres de l’administration pendant la période ottomane». Mais la préférée du général, c’est celle où l’on voit l’ancien président syrien Chucri bey el-Kouatli saluer le drapeau libanais à l’occasion de la célébration du retrait des forces militaires étrangères de Syrie et du Liban. Une photographie qu’il agrandit et intègre au dos de la couverte souple du livre, comme un clin d’œil. «C’est la seule fois qu’un président syrien salue le drapeau libanais», souligne-t-il. Le général est devenu expert en la matière et il a voulu  partager ses découvertes avec le plus grand nombre à travers cet ouvrage. Au fil des pages, on remonte le temps, du drapeau phénicien bleu et rouge à celui du cèdre inscrit dans les couleurs françaises, en passant par le drapeau brodé en fils d’or des Mamelouks, celui des grandes familles à l’instar des Joumblatt ou des Chéhab, on arrive finalement à sa représentation actuelle. Et, attention, on ne rigole pas avec le drapeau national. «Lors des deux derniers déplacements du président Michel Sleiman en Arabie saoudite et en France, le drapeau libanais n’était pas conforme aux dimensions, remarque Adonis Nehmé. La largeur de la bande blanche doit être égale à celle des deux bandes rouges que doivent toucher les extrémités du cèdre», détaille-t-il avant d’ajouter: «Vous savez, on pouvait mourir de notre temps pour sauvegarder l’honneur du drapeau. Il ne fallait jamais qu’il touche le sol. C’est la fierté du pays».
L’épopée, tant de l’hymne que du drapeau libanais, entraîne les lecteurs dans les recoins de l’Histoire du pays jusque sur les bancs du Parlement, où les couleurs du drapeau ont été choisies à l’aube de l’indépendance. «Les musulmans proposèrent quatre couleurs, le vert, le blanc, le rouge et le noir, à l’instar des drapeaux des pays arabes. Les chrétiens s’y opposèrent, réclamant une seule couleur, avec le cèdre au centre, relate Henri Pharaon. La discussion faillit provoquer un conflit. On accepta finalement mon idée et le drapeau adopté selon mes indications est celui que nous connaissons aujourd’hui».
De ces trésors d’anecdotes historiques et de clichés inédits, le général Nehmé prévoit d’en révéler quelques autres pépites dans de futurs ouvrages, consacrés aux manuscrits de son père. «Et aujourd’hui, trois livres sont pratiquement terminés, assure-t-il. L’histoire de ma grand-mère faite de petites anecdotes, cinq tomes sur l’histoire des FSI avec quelque 2 000 photographies et treize autres tomes sur les Pages du Liban». De quoi prévoir d’agrandir les étagères de la bibliothèque consacrées à l’histoire du pays!

Delphine Darmency

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