Magazine Le Mensuel

Nº 2925 du vendredi 29 novembre 2013

Musique

Beirut & Beyond. Pour une scène artistique indépendante

Du 5 au 8 décembre, Beyrouth sera sous le coup d’un souffle musical vivifiant issu de la scène indépendante locale et régionale. Le Beirut & Beyond International Music Festival accueillera plus de quarante artistes pour une quinzaine de concerts dans différents endroits de la capitale.

Le Beirut & Beyond International Music Festival, en partenariat avec Oslo World Music Festival, lance sa première édition à Beyrouth. Le festival est né d’un double besoin: créer une plate-forme qui mette un accent spécial sur la scène artistique indépendante du Moyen-Orient, et permette au public libanais de savourer une musique des quatre coins du monde, à des prix et dans des «venues» accessibles. Le festival est également le fruit d’une détermination; dans un monde plongé en pleins tourments révolutionnaires, crises financières, guerres et conflits incessants, il est devenu très important de donner vie à des projets qui démontrent que la musique est un langage universel. Il est vital, aujourd’hui plus que jamais, d’œuvrer à encourager la diversité culturelle. Et Beyrouth, dans ses différents aspects, est actuellement le meilleur endroit pour une telle initiative, selon la directrice du festival, Amani Semaan.
Beirut & Beyond International Music Festival était programmé plus tôt dans l’année, du 19 au 22 septembre, mais il a dû être reporté en raison de l’instabilité sécuritaire. La nouvelle date a été fixée: ce sera du jeudi 5 au dimanche 8 décembre. Durant quatre nuits consécutives, plus de quarante artistes présenteront au public une quinzaine de concerts événements dans six endroits différents de la capitale libanaise. L’invitation est lancée à tous les mélomanes pour partir à la découverte de différents genres de musique, des sonorités contemporaines orientales aux rythmes afro et hip-hop, en passant par le jazz, le rock, l’electro…
Il ne s’agit pas que d’exploration musicale; le festival a notamment pour but de développer la scène culturelle en créant une infrastructure pour la musique et en accroissant la diversité culturelle, le dialogue interculturel et l’échange. C’est donc dans cet objectif qu’il va accueillir à Beyrouth des professionnels internationaux, intéressés par découvrir ce que propose la scène musicale indépendante locale et régionale. Des directeurs de festivals, des journalistes, des agents… d’Europe et du monde arabe assisteront aux concerts et prendront part à une série de conférences et débats qui est prévue en marge du festival.

Jeudi 5
AUB Assembly Hall – 20h

Khyam Allami: un solo de oud avec cet artiste d’origine irakienne. Khyam Allami s’est essayé à différents instruments et genres de musique, du violon, à la batterie, à la basse, du metal au hard rock, avant de quitter Londres et voyager à travers le Moyen-Orient portant son oud et ses sonorités arabes.
Jawhar: cet «artiste citoyen» a créé au fil des années sa propre signature musicale; du folk métissé entre le chaabi arabe et les ballades folk de Nick Drake. Après un premier album salué par la critique en France, il explore à nouveau sa Tunisie d’origine.
Maryam Saleh: baignant très jeune dans la musique, Maryam Saleh s’est forgé une réputation en interprétant Cheikh Imam, mais aussi à travers ses propres compositions inspirées de chansons contestataires égyptiennes et du psychédélisme européen.  

Vendredi 6
Metro al-Madina

20h: Trygve Seim: saxophoniste de jazz norvégien, Trygve Seim a, à son actif, neuf albums sortis sur le label ECM. Accompagné de Frode Haltli à l’accordéon, il recevra également sur scène la chanteuse libanaise Oumeima el-Khalil.
21h: Jagwa Music: ce groupe de Tanzanie a créé, il y a vingt ans, dans les banlieues pauvres de Dar as-Salam, une véritable révolution musicale. Le «Mchiriku», de l’afro-punk, de la musique minimale ou de la transe? Peu importe. C’est une explosion d’énergie, de virtuosité et un vrai show.

Yukunkun
22h: Maurice Louca: manipulateur de sons expérimentaux, Maurice Louca affirme être inspiré du folk arabe, de l’electronica et des rues du Caire. Décrite par le magazine britannique Bearded comme un véritable écosystème, sa musique surprend par son côté à la fois apaisant et intense.
23h: El-Far3i/El-Rass/Munma: projet excitant et collaboration encore plus excitante, ces trois artistes, entre le Liban, la Jordanie et l’esprit de la Palestine, présentent un mélange détonant de musique contestataire, de hip-hop et d’electronica. Et dès minuit, derrière les platines, place aux D.J. Jonjay et Vatchez.

Samedi 7
Yukunkun

20h30: Tarek Yamani Trio: pianiste de jazz autodidacte, lauréat de plusieurs prix, Tarek Yamani, accompagné de Kristijan Kranjcan à la batterie et Goran Krmac au tuba, explore de nouvelles directions, entre la musique traditionnelle arabe et la musique noire américaine, pour aboutir à un nouveau concept: afro-tarab.
21h30: le D.J. Ziad Naoufal: fondateur du label indépendant Ruptured, animateur de l’émission Ruptures à Radio Liban, D.J. depuis des années, Ziad Naoufal est une figure connue des platines beyrouthines.

Radio Beirut – 22h30
Toofless: MC d’origine soudanaise basé aux Emirats arabes unis, le hip-hop de Toofless est décrit comme abstrait, expressif, et surtout réel. Il présentera son nouvel EP Neospective Glitch lors de cette soirée, en collaboration avec le Beirut Groove Collective, qui accueillera également le D.J. Wriggly Scott.

Dimanche 8
The Mansion – 18h30

Un concert surprise attend les mélomanes et les curieux.

DRM Democratic Republic of Music – 20h
Tamer Abou Ghazaleh: Multi-instrumentiste, compositeur, producteur, administrateur du créatif Eka3, Abou Ghazaleh est l’un des artistes palestiniens les plus actifs. Il travaille actuellement sur son deuxième album après son opus Mir’ah.
Tanjaret Daghet: Khaled Omran, Dany Shukri, Tarek Khuluki, les membres du groupe syrien Pressure Pot, mettront à coup sûr, la salle sous une tension explosive, avec leur musique originale et entêtante que nous avons eu l’occasion d’écouter dans l’album 180o.
Baloji: né en République démocratique du Congo, Baloji découvre en Belgique les plaisirs de la danse, du hip-hop, du graffiti et du rap, avant de retourner au Congo pour explorer ses origines. Son second album. Kinshasa Succursale. est le fruit des enregistrements de ce voyage et des collaborations avec les musiciens congolais les plus influents.

Nayla Rached

www.beirutandbeyond.net

Related

Shwayit Souar de Tania Saleh. L’amour en temps de guerre

admin@mews

Ziad Rahbani on Broadway. Seul maître à bord

admin@mews

Good Bye Schlöndorff. Voyage sonore et visuel dans le Liban des années 80

admin@mews

Laisser un commentaire