Magazine Le Mensuel

Nº 2990 du vendredi 27 février 2015

Confidences Liban

Confidences Liban

Joumblatt cède la place
Il est probable que le député Walid Joumblatt rende publique sa démission de l’hémicycle parlementaire à l’occasion de l’anniversaire de la fondation du Parti socialiste, le 1er mai, selon des sources proches de Moukhtara. Et cela pour passer les rênes à son fils Taymour. Ces sources font le lien entre l’allusion faite par le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, à de possibles élections partielles au Chouf et à Jezzine et l’éventuelle décision du leader druze.

 

Le Hezbollah à Bkerké
L’équipe du siège patriarcal a émis le souhait de voir la présidentielle inscrite à l’ordre du jour des dialogues en cours. Ce message, elle l’a transmis à la délégation du Hezbollah, chargée des relations avec les chrétiens, qui était en visite à Bkerké, menée par Mahmoud Qomati – membre du bureau politique qui a succédé à Ghaleb Abou Zaynab -, le chef de l’Etat étant le symbole du partenariat national. Les reports successifs de cette échéance cruciale laissent craindre l’élimination pure et simple de cette fonction. Le Hezbollah, après avoir tendu une oreille attentive à toutes ces appréhensions, a réagi en disant que les choses ne sont pas figées, que la présidentielle est un sujet de grande importance et que les dialogues en cours minimisent les tensions…

Divergences sur les priorités
Le dialogue Moustaqbal-Hezbollah se poursuit à Aïn el-Tiné, alors que le président Saad Hariri est toujours à Beyrouth, et après les deux discours prononcés respectivement par l’ex-Premier ministre et sayyed Hassan Nasrallah qui ont défini les lignes directrices, le cadre et le plafond de l’étape à venir. Le dialogue continue sans être perturbé par les joutes verbales, mais c’est un dialogue qui met face à face deux parties aux vues divergentes, dont le but est d’interdire «l’explosion du conflit», et la fitna entre sunnites et chiites. Si, au tout début, les échanges ont porté sur la sécurité à Tripoli, dans la Békaa et à Beyrouth… aujourd’hui, les thèmes à traiter sont sujets à tiraillement. Le Moustaqbal estime qu’il est temps d’aborder l’échéance présidentielle, Hariri l’a clairement dit en précisant que le règlement de la vacance présidentielle constituait le deuxième objectif fondamental du dialogue. Le Hezbollah, en revanche, pense qu’après le dossier sécuritaire, c’est la lutte antiterroriste qui a la priorité. Pour ce qui est de la présidentielle, le parti chiite reste fidèle à ses options, à savoir le débat sur ce dossier doit se faire avec le général Michel Aoun.

Al-Nosra menace les druzes
Le député Walid Joumblatt ne peut plus jouer sur les mots, selon des milieux chiites du 8 mars. Le Front al-Nosra, qu’il a défendu, a donné un ultimatum de sept jours aux druzes des villages de Kalb Laouzé et Arbita dans la région d’Idlib au nord de la Syrie pour qu’ils choisissent entre la conversion à l’islam, l’exode, ou le versement d’une dîme. Sachant que les druzes d’Idlib ne se sont jamais opposés à la révolution syrienne. Tout cela, accusent les mêmes milieux, serait dû aux choix politiques erronés et aux paris perdus d’avance. Alors que le Hezbollah a anticipé les développements de la guerre en se lançant dans la bataille de Qoussair et, aujourd’hui, dans celle du sud de la Syrie, et surtout dans celle pour la protection des villages de Nobl et Zahra’a dans le rif d’Alep d’un éventuel génocide communautaire dont les conséquences auraient été illimitées.

Ça va mal entre Rifi et Machnouk
Le ministre Achraf Rifi a pris le parti du ministre Rachid Derbas dans la querelle qui a opposé ce dernier au ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, lors de la dernière séance du Conseil des ministres. A l’origine de la discorde, la nomination du conseil d’administration du comité économique du Nord qui a pris une tournure de compétition régionale entre les ministres de Beyrouth et ceux de Tripoli. Le règlement de ce problème nécessitera l’intervention personnelle de l’ex-président du Conseil, Saad Hariri, afin d’éviter l’élargissement du conflit à l’ensemble du bloc parlementaire et à la base du Moustaqbal, surtout que la crise provoquée par la suspension du membership du député Khaled Daher continue à faire des remous dans les coulisses du Futur.

Mise en garde sécuritaire
Des rapports sécuritaires mettent en garde contre la reprise du feuilleton des assassinats politiques. Des députés du Bloc du Futur sont concernés par cette mise en garde, selon des sources informées, le but étant de saboter le dialogue avec le Hezbollah et de déclencher une fitna communautaire. D’autres informations rapportent qu’un groupe de quatre à cinq individus, lié à l’organisation extrémiste Khourasan, planifie l’assassinat du président Nabih Berry.

La guerre des généraux
Deuxième round de la confrontation entre les généraux Michel Aoun et Jean Kahwagi. Après un premier round, déclenché par la prorogation du mandat de Kahwagi à la tête de l’armée, comme pour lui réserver une place de candidat potentiel à la présidence de la République, aujourd’hui, l’étincelle qui a ranimé les foudres du général Aoun est venue de la décision du ministre de la Défense, Samir Mokbel, de renouveler le mandat du secrétaire général du Conseil supérieur de la défense, le général Mohammad Kheir. Une démarche qui ouvre la voie de la prorogation à tous les postes de commandements militaire et sécuritaire.
Ce n’est pas seulement le maintien du général Kahwagi dans sa fonction et dans la course à la présidence qui dérange le leader du CPL, mais la mise à l’écart du général Chamel Roukoz, auquel le principe de la prorogation ne s’applique pas. Il devra quitter son poste cette année dès qu’il sera mis à la retraite. Quant au décret relatif à la majoration de l’âge de la retraite des officiers qui constituerait une issue satisfaisante pour Aoun, il est bloqué dans les tiroirs du commandement de l’armée… Des observateurs estiment que le général Kahwagi joue son atout militaire en faveur de l’équation «La présidence contre le commandement de la troupe à Chamel Roukoz».

37000 commissions rogatoires
Au lieu de décréter une amnistie générale, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, propose la mise sur pied de comités chargés d’examiner les commissions rogatoires émises à l’encontre de prévenus originaires de la Békaa afin de régler leur cas. Il existe, a déclaré le ministre, 37000 mandats d’arrêt ou de recherche contre des personnes qui ont procédé à des tirs de joie ou autres. Des sources de la Békaa rapportent que les grands prévenus accusés d’enlèvements contre rançons, de vols de voitures, de vente de drogues se sont enfuis en Syrie dès le début de l’application du plan de sécurité dans la Békaa. Ils seraient au nombre de 45 entre Brital, Hour Taala et le quartier de Haret Alchawarina à Baalbeck.

 

Recyclage de takfiristes à Saïda?
Un jour après la libération des deux frères Ziad et Abdel-Ghani Baba, originaires de Saïda, la justice militaire a remis en liberté le cheikh Assem el-Arifi et le Palestinien, Amid Assadi, qui avaient été arrêtés lors des événements orchestrés à Abra, en juin 2013, par le cheikh en cavale, Ahmad el-Assir. Les familles des individus relâchés font l’éloge de sitt Bahia Hariri qui a déployé des efforts en faveur de leurs fils, comme le rapportent des sources de Saïda. Le nombre de détenus élargis progressivement durant les derniers mois atteint ainsi le nombre de 20, contre 70 accusés de crimes terroristes organisés et dirigés par Assir et le chanteur Fadl Chaker. Sauf que les milieux proches de l’ex-député Oussama Saad mettent en garde contre les développements relatifs à ce dossier, accusant le courant haririen d’avoir l’intention de «recycler» une partie de ces takfiristes en combattants sunnites modérés. Arifi est le fils du cheikh Moharram el-Arifi, l’un des symboles des Ikhwan à Saïda. Il avait rejoint le groupe d’Assir. Quant à Assadi, c’est le frère de l’homme d’affaires palestinien, Imad Assadi, qui avait entrepris une médiation entre Assir, lorsqu’il avait décrété un sit-in pour couper la route entre le Sud et Beyrouth, et les instances religieuses et sécuritaires.

Aides internationales aux groupes armés
Le coup assené par les Renseignements de l’armée aux groupes armés, qui avaient implanté une base dans le village de Kherbet Daoud, a mis à découvert des responsables d’une instance internationale qui fournissaient des subventions alimentaires à ces groupes et en assuraient l’habitat. Des sources du Akkar révèlent que les noms de ces cadres étrangers ne sont pas secrets. Ils avaient loué une ferme à la frontière du village qu’ils ont divisée en plusieurs salles où ils ont logé des combattants libanais et syriens qui avaient fui de Syrie après la bataille de Kalaat al-Hosn, en mars dernier. Certains parmi eux étaient accompagnés de leurs familles. C’est de cette base qu’étaient partis les assassins du soldat Jamal Jean Hachem, tué au carrefour de Kherbet Daoud, alors qu’il revenait de Kobayate pour rejoindre son poste en octobre passé. Le financement international dont ont bénéficié ces groupes était «légal» et «d’ordre humanitaire» puisque civils et éléments armés vivaient ensemble. Le scandale a éclaté après que l’instance internationale eut suspendu ses aides, lorsque des habitants de cette base ont dénoncé l’annulation des subventions qui leur étaient offertes sur les écrans télévisés.

Les Ikhwan changent de tactique
Alors que la presse égyptienne publiait des rapports sécuritaires sur des responsables Ikhwan au Liban, citant même le nom de l’un d’entre eux (Ibrahim el-Masri) et les accusant de faire partie du commandement de la Confrérie internationale qui produit des mouvements terroristes, des rapports locaux indiquaient que le Comité des ulémas musulmans tente de renouveler son rôle en tant qu’instance sunnite sur la scène libanaise. Le comité a mis au point une nouvelle tactique pour légitimer sa présence auprès du public et adoucir son image de groupe extrémiste. La tactique consiste à appuyer les positions du mufti de la République, Abdel-Latif Derian, comme cela a été le cas dans l’affaire de l’humoriste Charbel Khalil. Le comité veut dépasser la crise interne dans laquelle il se débat, révèlent par ailleurs les rapports, en misant sur ses relations extérieures et les liens de certains de ses membres avec plusieurs groupes takfiristes. De fait, le Comité des ulémas souhaite mettre un terme à la décrispation entre sunnites et chiites découlant du dialogue en cours, d’après les rapports, et ranimer la fanatisation des sunnites conformément à un agenda régional désireux de remettre sur pied des environnements sociopolitiques extrémistes.

Roumieh: le plan de sécurité se poursuit
Le ministre Nouhad Machnouk continue à déployer des efforts pour améliorer les capacités de la gendarmerie à contrôler la sécurité dans les prisons, malgré les moyens financiers et humains fort modestes dont il dispose. L’autorité dont le ministre a fait preuve lors de l’application du plan de sécurité continue à faire de l’effet, surtout à Roumieh où les mesures coercitives sont toujours appliquées pour interdire l’introduction de drogues, d’armes blanches, de mobiles et autres à l’intérieur de la prison. Les parents ont la permission d’apporter aux détenus des vêtements, mais pas de nourriture. La direction des FSI ayant signé un contrat avec dix cuisiniers qui assurent les repas à 2500 prisonniers. Les visites sont permises une fois par semaine et les contacts téléphoniques possibles. La direction des FSI avait licencié l’ancien directeur des prisons et l’ancien directeur du bâtiment D à Roumieh, l’enquête ayant démontré qu’ils avaient facilité l’introduction et le trafic des drogues entre les quatre murs de la prison. Ils ont été transférés devant le Tribunal militaire qui doit examiner leur cas.

 

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