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Nº 3003 du vendredi 29 mai 2015

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Khaled Zahraman, député du Akkar (Courant du futur). Le Hezbollah est responsable du phénomène takfiriste

Le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, prononcé à l’occasion de la libération du Sud, le 24 mai, a été au centre d’un entretien avec le député Khaled Zahraman, membre du Courant du futur.
 

Que pensez-vous des propos de sayyed Hassan Nasrallah sur le fait que les membres du Courant du futur seront les premières victimes de Daech?
Il n’y a pas de doute que le mouvement takfiriste Daech n’épargne personne. Mais nous nous demandons qui était derrière cette pensée et qui l’a nourrie? Ce sont les tueries, les bombardements et les massacres aux côtés du Hezbollah en Syrie et la répression en Irak qui étaient derrière cette apparition des takfiristes. Le Hezbollah continue à nier que son incursion en Syrie nourrit cette idée qui trouve un écho auprès des jeunes, lesquels estiment être les seuls pouvant combattre le Hezbollah au Liban et ailleurs. Le Hezbollah assume cette responsabilité, ainsi que la communauté internationale qui n’a pas soutenu des peuples dans leur révolte contre les régimes dictatoriaux. Plus le Hezbollah s’implique en Syrie, plus il donne à la bataille le caractère d’une lutte entre sunnites et chiites. L’alternative serait son retrait et son retour au Liban pour étudier ensemble les moyens de protéger le pays des dangers takfiristes et de la menace israélienne. Si nous envisageons les choses sous un angle pratique, quelle différence y aurait-il entre la pensée takfiriste et la pensée iranienne? Ils appliquent les mêmes principes et la même stratégie. La différence c’est que le Hezbollah et les Syriens ont une pensée takfiriste sous le patronage officiel de l’Iran et celle de Daech est sans parrainage officiel. En tant que mouvement du 14 mars, nous sommes exposés à un double danger: celui de la pensée takfiriste et celui du Hezbollah.

Que dites-vous des propos du leader du Hezbollah au sujet de la protection des femmes et des églises?
Il n’y a aucune différence entre sunnite, chiite, chrétien ou copte. Nous faisons face tous à une triple menace: Israël, l’expansion iranienne et les takfiristes. Notre différend avec le Hezbollah est dans la manière de repousser ces trois dangers. Le Hezbollah veut lutter contre Israël en mettant la main sur le Liban. Nous estimons que c’est l’armée et notre unité qui nous protègent. Les propos portant sur le fait que nous menons une guerre préventive sont totalement rejetés. Prenez l’exemple de la Jordanie qui s’est tenue à l’écart en protégeant ses frontières. Nous nous sommes jetés dans le cœur du brasier et nous avons importé au Liban drame et désastre.

Qu’en est-il de Ersal?
Je reprends les propos du ministre de la Défense, Samir Mokbel. Que celui qui s’oppose aille voir à Ersal comment l’armée remplit son rôle. Nous n’acceptons que la protection de l’armée. C’est l’intervention du Hezbollah en Syrie qui a poussé les combattants à se réfugier dans le jurd de Ersal. L’Armée libanaise est la seule autorisée à protéger les Libanais et les frontières libanaises.

Que pensez-vous d’un éventuel appel à la mobilisation générale?
D’après ce qui a filtré de la rencontre avec les familles des blessés, il semble que le Hezbollah soit en mauvaise posture. L’Iran utilise ses «bras» pour exécuter ses plans d’expansion dans la région. Nous craignons que la guerre dans le Qalamoun mène à une bataille à Ersal pour impliquer l’armée ou à une réédition du 7 mai ou enfin à la chute du gouvernement.

Quelle incidence sur le dialogue entre le Futur et le Hezbollah?
Nous savons parfaitement que les grands dossiers sont reportés. Nous avons entamé ce dialogue, car le feu brûle dans la maison et nous essayons de l’éteindre. Malgré le profond différend qui nous oppose, et les accusations politiques, nous sommes convaincus que le dialogue est nécessaire pour éteindre le feu avant qu’il nous brûle. Nous sommes persuadés que le dialogue a beaucoup d’avantages pour apaiser la scène locale. Je trouve très étranges les propos de Nasrallah appelant à ne pas être heureux de la chute du régime syrien et donnant des garanties dans le cas d’une victoire du régime que celui-ci ne se prendra à personne. Le Hezbollah appelle à s’inspirer du modèle libanais de la résistance. De quel modèle parle-t-il? D’un Etat dans l’Etat?
 

Propos recueillis par Joëlle Seif

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