Magazine Le Mensuel

Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Point final

La Faculté d’information à l’UL: une vocation nationale

Depuis sa fondation en 1967, la Faculté d’information de l’Université libanaise (UL) ne cesse de pourvoir le secteur médiatique libanais et arabe en professionnels de haut niveau. Ces diplômés, qui ont dépassé les 8 000, sont présents dans toutes les rédactions au Liban, dans les pays arabes et partout dans le monde.
Depuis son démarrage, la Faculté d’information a connu plusieurs réformes et réorganisations administratives et académiques. En 1971, avec le développement des moyens d’information audiovisuels et le besoin de former les journalistes à ces nouvelles techniques, l’ancêtre de la Faculté, l’Institut de la Presse change de nom et devient l’Institut d’Information, se dotant de nouveaux programmes en radio, télévision, publicité et relations publiques. Nouvelle réforme en 1975, l’Institut se transforme en faculté et un nouveau département voit le jour: le département de documentation. L’appellation se transforme en Faculté d’information et de documentation.
En 2005, accompagnant les mutations académiques du système d’enseignement supérieur et l’évolution du champ médiatique et des métiers de la communication, la Faculté adopte le système LMD (Licence – Master-Doctorat) basé sur un programme d’enseignement semestriel, selon le système de crédits. Souffle sur la formation un air de modernisme qui s’accompagne de nouveaux cursus en Licence et en Master, et d’une nouvelle dénomination en 2012: la Faculté d’information.
Pionnière et première, la Faculté d’information, l’est à plusieurs égards: parmi les premières facultés d’information dans les pays arabes, elle est longtemps restée la seule au Liban, avant que les universités privées ne fondent des départements ou juste des programmes d’études de journalisme. Pionnière dans le rehaussement du niveau d’enseignement; ses étudiants étaient les premiers à poursuivre dans les années 80 et 90 des thèses de doctorat en Sciences de l’information et de la communication dans les grandes universités françaises, avant de regagner leur faculté en tant qu’enseignants. Pionnière à nouer des partenariats et des accords de coopération académique et professionnelle avec les meilleurs établissements d’enseignement supérieur dans le monde comme le DESS (Diplôme d’études supérieures spécialisées) de journalisme fondé en 1995 en partenariat avec l’Institut Français de Presse (IFP) et le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes en France (CFPJ). Ce programme sélectif et concurrentiel a recruté plus de 300 candidats parmi les meilleures compétences du Liban.
Enfin, première, elle l’est par la qualité et le calibre de son cadre enseignant. La Faculté d’information compte plus de 70 enseignants, docteurs, diplômés des meilleures universités françaises, américaines et arabes. Et première à jeter les ponts entre le monde académique et le monde du travail.
En ce temps de l’information, abondante jusqu’à la saturation, les professionnels de l’information, journalistes en tête, sont plus que jamais indispensables. A l’heure des «fake news» et des «faits alternatifs», il faut des professionnels qui savent prendre du recul, pour vérifier l’information, pour recouper les sources, pour évaluer leur crédibilité avant de la balancer en ligne sans se soucier des conséquences, parfois dévastatrices.  
A sa fondation en 1967, la Faculté d’information avait pour vocation de promouvoir un journalisme professionnel et éthique. C’est ce défi qu’elle relève actuellement: former de vrais mandarins capables d’assumer leur responsabilité dans l’édification du citoyen et de jouer leur rôle dans le bon fonctionnement démocratique de la société.

Mirna Abou Zeid
Docteur en Sciences de l’information et de la communication

 

Related

La Francophonie, vecteur d’une mondialisation plus humaine

admin@mews

Les réseaux sociaux et la peur de l’insignifiance

admin@mews

L’agoraphobie affecte la vie quotidienne

admin@mews

Laisser un commentaire