Magazine Le Mensuel

Nº 3094 du vendredi 5 octobre 2018

Spectacle

Festival du théâtre européen. La scène comme pont entre nations

Un nouveau festival voit le jour sur la scène locale: le Festival du théâtre européen au Liban, à l’initiative de Nidal al-Achkar et en partenariat avec l’Union européenne. Il se déroulera au Masrah al-Madina, jusqu’au 30 octobre. 
 

«Le jeu, la scène, sont la petite distance entre deux personnes, deux nations, deux mondes. Alors nous continuons à jouer en espérant que d’autres se joindront à nous». Cest par ces mots que Nidal al-Achkar a lancé cette nouvelle initiative, en présence de l’ambassadrice de l’Union européenne (UE), Christina Lassen, qui espère déjà une plus grande participation pour la 2e édition. Pour sa première édition, le Festival du théâtre européen au Liban présentera au public libanais 7 pièces, dont six provenant de pays membres de l’UE (Royaume-Uni, Danemark, Allemagne, France, Italie, Espagne), et une du Liban.
Au programme:
●  My name is Rachel Corie (Grande-Bretagne). Mise en scène par Alan Rickman et Katherine Viner, cette pièce est inspirée du Journal et courriel de Rachel Corrie, citoyenne américaine et activiste de l’International Solidarity Mouvement. Elle a été tuée par un bulldozer israélien alors qu’elle protestait dans la bande de Gaza, durant la seconde Intifada. La pièce s’interroge sur ce que peut faire une personne face aux bouleversements politiques et ses convictions personnelles.
●  Stranger (Danemark). Mise en scène par Nadezhda Klimenko, et créé par l’ONG danoise, Rapolitics, la narrative de la pièce suit les histoires de deux jeunes réfugiés afghans, Basir Khurrami et Manilla Ghafuri, qui racontent leurs expériences personnelles au Danemark. Avec une même thématique, le sentiment d’étrangeté du réfugié.
●  The Metamorphosis (Allemagne). Dirigée par Lama Amine et Victoria Lupton, et adaptée du célèbre roman de Kafka, la pièce raconte l’histoire de Gregor Samsa qui se retrouve transformée en une créature non-familière. La pièce a été adaptée pour convenir au Liban d’aujourd’hui et sera interprétée par un groupe de jeunes Libanais, Palestiniens et Syriens, âgés entre 15 et 20 ans. Chaque membre du groupe a grandi avec le statut de réfugié ou est orphelin. Tous ont vécu avec un sentiment de non-appartenance au lieu où ils se trouvent.
●  Voices in the dark (France). Création du collectif Kahraba, mené par Eric Deniaud et Aurélien Zouki, et basé sur un texte cruel et poétique de Matéi Visniec, 50 marionnettes racontent la vie, le monde et ses paradoxes.
●  Not long ago (Liban). Pièce musicale écrite et dirigée par Nidal al-Achkar, en collaboration avec le compositeur, musicien et chanteur Khaled el-Abdallah et les musiciens Mohamad Akil, Nabil el-Ahmar et Ibrahim Akil. Autobiographique, la pièce suit les histoires des personnages qui ont habité son enfance dans son village natal.
●  The Sea dies also (Espagne). Mise en scène par Antoine Achkar, la pièce est adaptée des textes du poète et dramaturge espagnol, Federico Garcia Lorca. L’histoire des dernières heures de sa vie, avant son exécution.
●  Arlecchino servant of two masters. Cette production italo-libanaise, dirigée et chorégraphiée par Giulio Vanzan et Joe Kodeih décline la pièce de Carlo Goldoni dans le célèbre style de la Commedia dell’Arte. La pièce est adaptée aux sociétés arabes.

Nayla Rached

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